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Le voyage immobile
Par daryl - Vendredi 23 Novembre 2007 Commentaire (40)Juste un mot, en coup de vent, depuis le bord de mon bureau, jonché de papier, de diagrammes et de cadavres de bouteilles d’eau : la Stasis, cette inconnue.
Prenez de l'aspro, c'est pas évident (on en viendra aux mythes concernant la stasis dans un prochain post).
Au tout début, donc, il y avait cette étrange notion de transparence en mouvement, que certains esprits lents ont pris pour de la glace – bien sûr qu’à un niveau purement visuel, un effet de stasis pourrait saisir la rétine et lui imprimer le souvenir d’une vitre translucide. Cependant – nous savons désormais que le Wakfu représente la totalité des énergies de l’univers, qu’elles soient conservées dans l’enceinte de notre plan matériel (les énergies élémentaires) ou en liberté à travers les strates célestes (les énergies cosmiques).
Il y a huit énergies en tout, quatre de chaque côté du Wakfu - permettez moi d'oser une simple analogie avec un espace en deux dimensions où existent une gauche et une droite. D’après mes renseignements, confiés par un des anciens disciples de Fulcanelli depuis converti au shintoisme, les vibrations cosmiques sont liées à la soustraction, et les sons élémentaires sont liés à l’ajout.
Ce qui reviendrait à dire que, d’un côté comme de l’autre, on retranche (on détruit) et de l’autre on ajoute (on créé). Le principe de l’univers, la ligne du Wakfu, est cette synthèse parfaite pour équilibrer un univers fini (un œuf, comme j’ai déjà pu vous l’exposer dans mon papier sur la grande omelette cosmique). Le Wakfu est donc composé d’un nombre de création et de destruction égal.
Notre sujet est la Stasis, énergie cosmique par excellence, un principe destructeur. Mais destructeur de quoi ? C’est là où les théories sur une énergie cosmique de glace s’écroulent.
La glace est simple eau gelée, sans eau, pas de glace (quoiqu’on pourrait arguer que des assembleurs cosmiques puissent opérer des conversions d’énergies dont le déchet serait, oui, pourquoi pas, de la glace).
J’ai pu observer, sur le forum, des choses très intéressantes (on pourra d’ailleurs s’y reporter ici), mais la vérité semble bien plus complexe. La Stasis est une énergie parmi d’autre, et ce qu’elle détruit est l’espace. On pourra se référer, pourquoi pas, à une essence, qui permettrait de plier l’espace, mais il ne s’agit pas d’un produit distillé, ou d’un processus. Il s’agit d’un concept, qui échappe forcément à l’idée que nous, simples humains, nous pouvons nous faire d’un principe de mouvement cosmique.
Car oui le Cosmos bouge. A l’échelle humaine, nous ne pouvons pas même envisager comment une masse infinie, ce vaste inconnu sans forme, dans lequel se trouve l’Œuf Cosmique de notre univers et que nous appelons Mer de l’Oubli, comment tout ceci pourrait bouger, se mouvoir, se déplacer. C’est subtil, c’est céleste, ça nous dépasse et nous n’aurons aucune réponse.
Pourtant, aujourd’hui, tous nos instruments nous le hurlent : la matière noire existe, le monde autour de nous, que nous croyons vide, est en réalité plein.
Ainsi donc, la Stasis serait l’expression de ce mouvement. Un corps céleste qui se déplace semble ne pas bouger, et c’est de ce phénomène que nous tenons l’explication du terme Stasis.
Déplacer sans bouger. Les applications de la Stasis dans le monde matériel ont, de toujours, eu des conséquences phénoménales : maintenir quelqu’un en animation suspendue, ralentir, accélérer la réalité, mettre en pause.
Les Xelors utilisent largement la Stasis dans l’exercice de leurs sorts sur le temps : ils s’en servent comme d’un moyen d’interagir avec des domaines élémentaires, restituant l’aspect des choses à des états antérieurs ou postérieurs.
Tout cela est très technique en vérité, et c’est pour cela que nous devons considérer la Stasis comme un outil extrêmement dangereux. Déplacer du néant peut créer des trous, déchirer le film si fin qui cerne la coquille interne de lOeuf, la paroi entre le plan matériel et le plan éthéré, cette membrane tampon qui nous sépare du vide astral.
Mais correctement utilisée, cette destruction d’espace (un pas après l’autre, le mouvement «digère » la distance qui nous sépare d’une cible) est un moyen efficace de conserver en l’état certains moments idéaux, comme des instantanés de réel, qu’on pourrait modeler à volonté.
Il n’est donc pas si fou d’envisager que, jadis, il y a très longtemps, quand l’horloge de Xelor fut bâtie en ciment de Stasis, cette énergie avait permis d’empêcher le temps lui-même de s’écouler, créant un instant éternel entre la création du monde et celle de la dimension vulgaire, humaine, du temps. Cette époque où les mystères de Wakfu se forment, protégés par un voile de mouvement invisible.
Tags : wakfu cosmos stasis énergies cosmiques
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